LE CAST ART&YOU Toutes les oeuvres Peinture Sculpture/Installation Photographie Dessin Graphisme/Illustration Arts Numériques L'ESPACE GALERIE ART&YOU LE MAG ART&YOU ART AND YOU TV LE STUDIO ART&YOU LE RÉSEAU ART&YOU LA BOUTIQUE ART&YOU




En ce moment sur la galerie
MON COMPTE




Mot de passe oublié ?
Problème d'inscription ?
SES AMIS
DERNIERS VISITEURS
nata (74pts)
Fanny BETEMPS (50pts)
Rylski (758pts)
galeriedefrost (30pts)


Profil de galeriedefrost
galeriedefrost
Pseudo : galeriedefrost
Localisation : France
Profil : Découvreur de talent
Nombre de points : 30
Membre depuis le : 14/05/2008

galeriedefrost n'a aucune œuvre dans ses favoris




Le blog de galeriedefrost
14
05
2008
Exposition Vanessa Fanuele "On n'y voit rien"
Catégorie : Evenements

  Vanessa Fanuele

« On n'y voit rien »

Vernissage le jeudi 15 mai 2008 de 18h à 21h

Exposition du 15 mai au 14 juin 2008

 Organes et joyaux

« [Les objets surréalistes] ressemblent à telle circonstance future, merveilleuse et insolite, emplie d'intellectualité, de luxure, de lenteur et de noblesse, nullement impossible, proche au contraire d'éclore à tout instant, comme par exemple de jouer une partie d'échecs contre une très belle femme sur un échiquier précieux. »

Roger Caillois, « Le décor surréaliste de la vie » (Documents 33, n°2, 1033).

La féminité peut-être effrayante.

Lorsque les organes génitaux se confondent avec de la joaillerie, lorsque les fluides du corps mêlent l'eau et le sang, lorsque le corps se transfigure en un être mortuaire ou glorieux -, alors on éprouve tour à tour fascination et effarement.

Dans l'œuvre de Vanessa Fanuele, la mort est parée, comme elle l'est dans les catacombes de Naples, où les squelettes sont mis en scène entourés de dorures baroques.

Ici, telle une Vierge des Douleurs, une femme en deuil est masquée par un voile ouvragé en une dentelle organique. Disposée en retable, l'œuvre, de près, révèle les images d'objets - cœurs encore palpitants, fruits coupés - qui s'échappent de leur contenant. Ce sont les souvenirs enfouis et les émotions violentes qui débordent, venant former une guirlande précieuse.

Ailleurs, un grand lustre, au lieu de laisser resplendir la lumière, l'absorbe dans les boîtes noires qui le forment. En guise de rayons, de sombres perles s'en échappent, étouffant leur contenant. C'est un lustre nocturne, qui      n'abolit pas les cauchemars mais en favorise l'éclosion.

Certains des dessins et des installations de Vanessa Fanuele observent un mouvement de chute. Ce sont de petits objets retenus dans des filets, reliques soumises aux lois de la gravitation et de la disparition, mais retenues dans les airs le temps qu'on déchiffre ces menues dépouilles. Ce sont aussi les astres qui s'égouttent du corps d'une femme flottant dans l'espace, caillots de sang noirs et lumineux. Ce sont les filaments translucides qui s'épanchent des blessures.

Souvent, les pleurs sont des perles. Ils tombent en cataracte comme la chevelure abondante d'une Marie-Madeleine ou la pluie d'or d'une Danaé.

Mais, dans d'autres œuvres, les objets se réveillent sous les voiles qui les recouvrent. Au terme d'une longue descente au fond d'elle-même, l'artiste-archéologue (ou pêcheur sous-marin) les restitue au monde réel. Bucranes, faces-à-main, gants de femme, organes et colliers, masques et mâchoires : ces épaves gisant depuis longtemps au fond de la conscience comment doucement à émerger.

« Oh les pierres précieuses s'enfouissant, et les fleurs ouvertes ! » écrit Rimbaud : les œuvres de Vanessa    Fanuele offrent la même promesse et la même menace. Elles se tiennent en effet entre la suspension et la chute, l'enfouissement et l'éveil, les tréfonds et la lumière, l'effroi et la fascination.

« Et la Reine, la Sorcière qui allume sa braise dans le pot de terre, ne voudra jamais nous raconter ce qu'elle sait, et que nous ignorons » (A. Rimbaud, « Après le déluge », Illuminations).

 

Texte de Anne Malherbe

 

 

 

 



1 COMMENTAIRES
Pour commenter cette oeuvre, veuillez vous connecter ou vous inscrire.