L'inauguration du nouveau Showroom
Civel (Nantes) se déroulera le jeudi 25 septembre 2008 à partir de 19h. C'est la deuxième boutique française pour cette enseigne milanaise de cuisines et de salles de bain, après l'ouverture du showroom Boffi début 2006. Ce nouveau lieu pensé pour le design au quotidien considère les circulations entre l'activité de son entreprise et le monde de l'art comme naturelles : ce showroom se révèle un écrin parfait pour accueillir le projet Host (invitation à investir le showroom de productions artistiques inédites, une offre de dialogue, une mise en résonnance). Conçu en collaboration avec Annie Fillon, responsable de la programmation, et Sylvia Tournerie, pour l'identité graphique, l'espace accueille des artistes issus d'horizons variés mais portant tous une attention accrue à la dimension in situ (architecture et contenu mobilier).
L'invité pour cette première session, baptisée « Host 1 » est
Pierrick Sorin, artiste nantais à la révolution internationale.
Depuis le début des années 1990, l'artiste réalise des courts-métrages et des installations aux allures de laboratoires illusionistes. Excellent dans l'auto-filmage, il est souvent l'unique acteur des histoires qu'il invente, entre Meliès et Tati pour les effets magiques et la gestuelle heurtée, entre Beckett et Houellebecq pour une forme de désespérance incurable. Ses « théâtres optiques », mélange d'ingénieux bricolages vintage et de technologies numériques, lui permettent d'apparaître comme par magie dans l'espace, sous forme de petit hologramme ( le « Sorin » cloné à l'envie) intégré dans un contexte d'objets réels.
L'artiste propose ici différents dispositifs artistiques qui habillent et habitent certains meubles design du Showroom Civel. Derrière la porte vitrée d'un four, de petits personnages holographiques improvisent une danse sur des saucisses chaudes, ailleurs un mini-théâtre optique greffé sur une lampe se réveille au simple son de la voix du visiteur ; plus loin un bain d'eau de vaisselle mute en parure chromatique abstraite dans une baignoire. L'ensemble génère une poétique malicieuse, où le dérisoire, le gag et la magie revisite la fonctionnalité du design et son esthétique industrielle.